COP30 : Un Tournant Crucial pour le Climat
Contexte de la COP30
### COP30 : Un Sommet Climatique sous Tension Géopolitique – Appel à l’Action pour une Ambition Globale
Alors que la COP30 bat son plein à Belém, au cœur de l’Amazonie brésilienne (du 10 au 21 novembre 2025), le monde retient son souffle. Ce sommet des Nations Unies, qualifié de « COP de la nature » en raison de sa proximité avec la forêt amazonienne, devait marquer les 10 ans de l’Accord de Paris en accélérant les engagements climatiques. Pourtant, dans un contexte géopolitique explosif – guerres au Moyen-Orient, escalade des tensions avec l’Iran, et l’ombre menaçante du retour de Donald Trump à la Maison Blanche –, le succès de cette 30e Conférence des Parties (COP) reste incertain. Le milliardaire new-yorkais, climatosceptique notoire qui qualifie le changement climatique de « plus grande arnaque de l’histoire », a pris une décision inédite : boycotter officiellement le sommet en n’envoyant aucune délégation de haut niveau. Derrière cette absence, on devine une stratégie d’influence discrète pour saper tout accord contraignant qui pourrait entraver sa vision d’une Amérique « grande à nouveau » via l’exploitation effrénée des énergies fossiles.
Le Défi Central : Relever l’Ambition sur les Réductions d’Émissions
Le cœur de la COP30 repose sur la présentation des nouvelles Contributions Déterminées au niveau National (NDCs), ces plans d’action que les pays doivent soumettre tous les cinq ans pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Selon l’Accord de Paris, ces engagements devaient être déposés dès février 2025, mais la date butoir a été repoussée face au retard massif des soumissions – seulement 5 % des pays l’avaient respectée mi-année. À ce jour, les plans évalués par l’ONU ne prévoient qu’une réduction de 10 % des émissions d’ici 2035, alors qu’il en faudrait au moins 60 % pour espérer limiter le réchauffement à 1,5 °C. C’est un gouffre abyssal, un échec collectif qui expose les nations vulnérables – îles du Pacifique englouties, agriculteurs africains confrontés à la sécheresse – à des catastrophes irréversibles.
L’hôte brésilien, sous la présidence de Lula, mise sur l’implémentation : tripler la capacité renouvelable mondiale d’ici 2030, accélérer la transition hors des combustibles fossiles, et protéger les écosystèmes comme l’Amazonie, menacée par la déforestation et les projets d’infrastructures controversés (comme la nouvelle autoroute Avenida Liberdade). Mais comment avancer sans les États-Unis, deuxième plus grand émetteur historique ? Trump, qui a déjà retiré son pays de l’Accord de Paris en 2017 et menace de recommencer, pousse ouvertement à l’achat massif de pétrole et de gaz américains, qualifiant les énergies vertes de « scam » (arnaque). Son absence à Belém, saluée par certains diplomates comme un « moindre mal » pour éviter un « bulldozer » négociateur, n’est qu’un voile : en coulisses, Washington influence ses alliés pour diluer les ambitions.
Un Contexte Géopolitique Explosif : Guerres et Divisions Internationales
La COP30 se déroule dans un monde fracturé. Les guerres – de Gaza à l’Ukraine, en passant par les frappes américaines sur l’Iran en juillet 2025 – détournent les ressources des efforts climatiques. Les émissions liées aux conflits militaires, souvent sous-estimées, aggravent le bilan carbone global. Et au Moyen-Orient, la reconnaissance récente de l’État palestinien par la France et d’autres nations occidentales (comme le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie en septembre 2025) symbolise un espoir diplomatique, mais reste une « reconnaissance posthume » tant que la paix n’est pas assurée.
La France, sous Emmanuel Macron, a franchi le pas lors du sommet de l’ONU en septembre, affirmant que cette reconnaissance est « un droit, pas une récompense » et un pas vers la solution à deux États. Co-présidente avec l’Arabie saoudite d’une conférence internationale relancée en juillet, Paris vise à intégrer la Palestine dans une dynamique régionale de paix. Mais comme l’écrit Jean-Louis Waissmann dans un récent billet, cette avancée reste symbolique face à un territoire « éclaté, peuplé de squelettes réfugiés sous les tentes » et à un génocide en cours à Gaza. La Colombie, avec son Groupe de La Haye, montre la voie en soutenant les poursuites judiciaires internationales contre Israël et un embargo sur les armes – un exemple de courage tiers-mondiste que l’Europe devrait suivre.
Ces tensions géopolitiques se répercutent sur le climat : les pays en guerre priorisent la survie à la transition verte. La Chine et l’Inde, grands émetteurs, hésitent à durcir leurs NDCs sans garanties financières. L’UE, avec son objectif de réduction de 55 % d’ici 2030 et 66-72 % d’ici 2035, appelle à une mobilisation, mais l’absence américaine fragilise le Fonds pour les pertes et dommages promis à la COP27.
Le Rôle des Acteurs Non-Étatiques : Une Lueur d’Espoir
Face au vide laissé par Trump, des voix américaines montent au créneau. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, présent à Belém, fustige le président comme une « espèce invasive » et un « boulet de démolition » qui menace la démocratie et le climat. La Californie, avec son objectif de neutralité carbone en 2045, incarne une Amérique progressiste, soutenue par des ONG comme Oil Change International qui rappellent : « Trump ne nous représente pas ». Des maires, gouverneurs et activistes comblent le fossé, plaidant pour une finance climatique de 1,3 billion de dollars par an d’ici 2035.
Le Brésil, malgré les critiques sur ses propres forages pétroliers, met l’accent sur l’adaptation : soumission des Plans Nationaux d’Adaptation (NAPs) et indicateurs pour le Goal Global on Adaptation (GGA). Mais les défis logistiques – crise de logements à Belém, où les prix ont explosé, forçant des délégations comme celle de l’Autriche à se retirer – soulignent l’urgence d’une organisation plus inclusive.
L’Urgence Actuelle : Vers un Bilan sans Concessions
À mi-parcours de la COP30, le bilan est mitigé. Les NDCs manquent d’ambition, la finance stagne, et l’adaptation patine face aux coupes budgétaires des banques multilatérales. Trump, en promouvant les fossiles, risque de faire dérailler la « décennie d’accélération » prônée par António Guterres. Pourtant, cette COP peut être un tournant si les pays du Sud – Brésil en tête – imposent une « phase post-négociation » axée sur l’implémentation concrète.
L’urgence est criante : les impacts climatiques s’accélèrent – ouragans comme Melissa en octobre 2025 ravageant la Jamaïque – tandis que les vulnérables paient le prix fort. La reconnaissance palestinienne par la France rappelle que la paix géopolitique est indissociable de la justice climatique : sans stabilité, pas de transition viable.
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Ambition Climatique Renforcée
Défis Géopolitiques
Accords Contraignants
Statistiques Importantes
100
Les émissions mondiales de CO2 ont atteint 36,8 milliards de tonnes en 2022.
100
Les engagements actuels des pays visent à réduire les émissions de 20% d’ici 2030.
100
Les énergies renouvelables représentent 29% de la production mondiale d’électricité.
100
La température moyenne mondiale a augmenté de 1,2°C depuis l’ère préindustrielle.
100
Les pays du G20 sont responsables de 78% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
100
La déforestation contribue à 11% des émissions mondiales de CO2.
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